Sujet sensible dans la société comme dans les familles, les violences sexistes et sexuelles suscitent une question qui divise : en fait-on trop, ou toujours pas assez ? Comment mieux protéger les victimes et rendre justice sans dresser les femmes et les hommes les uns contre les autres ?
Le vote et l’espoir qu’il suscite
— La fille : Tu as vu, Papa ? La proposition de loi contre les VSS (violences sexistes et sexuelles) a été adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, le 13 octobre. Écoute ce qu’on lit au début de l’exposé des motifs : « Les violences sexistes ou sexuelles constituent l’une des atteintes aux droits humains les plus massives et les plus tolérées en France. Elles touchent toutes les sphères de la société, tous les milieux sociaux, toutes les générations. »
Ces mots, dans une proposition de loi votée par les députés, pour moi, c’est de loin l’étape la plus importante pour les femmes de ma génération depuis #MeToo. L’Assemblée reconnaît qu’on ne se bat pas contre deux ou trois hommes mal intentionnés, mais contre un système.
— Le père : Oui, j’en avais entendu parler. J’ai regardé le texte et je suis content de son caractère transpartisan. 503 voix pour, aucune contre et 67 abstentions, c’est un soutien très large.
Il reste que le terme même de « VSS » me met mal à l’aise. Une remarque sexiste, un harcèlement et un viol appellent des réponses différentes. Cette idée de continuum, du regard appuyé qui mènerait à l’agression sexuelle, risque de nourrir des amalgames que je trouve contre-productifs.
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