Le climat change trop vite pour nos cultures. Mais la science vient peut-être de trouver la parade ! Grâce à un nouvel outil génétique révolutionnaire, des plantes comme le fraisier ou l’oranger vont pouvoir s’adapter en un clin d’œil aux aléas climatiques, et nous permettre de sécuriser nos futures récoltes.
Et si demain les agriculteurs pouvaient cultiver des agrumes totalement immunisés contre les maladies, des fraises adaptées aux sécheresses intenses, ou des pommes de terre plus nutritives, le tout développé en un temps record ? Pour réaliser ce futur, les chercheurs ont longtemps été confrontés à un obstacle biologique majeur. Jusqu’ici, modifier avec précision les gènes d’une plante n’était, en fait, que la moitié du chemin. Le vrai défi consistait à régénérer une plante entière et robuste à partir de quelques cellules modifiées !
Or, ce processus en laboratoire était lent, très aléatoire, voire impossible pour certaines espèces. Des cultures fruitières essentielles comme les agrumes nécessitaient parfois de longues années pour réaliser un seul cycle de sélection. Toutefois, une percée scientifique, publiée dans la revue Nature Communications, pourrait tout changer. L’équipe de recherche de Texas A&M AgriLife, en collaboration avec l’Université du Maryland et le ministère américain de l’Agriculture (USDA), a mis au point l’outil «CRISPR-Combo».
Le secret d’une régénération express
Plutôt que d’insérer des gènes de croissance extérieurs ou d’inonder la jeune pousse d’hormones artificielles, CRISPR-Combo exploite directement les ressources naturelles de la plante. Pendant qu’il effectue la modification génétique désirée, l’outil active simultanément les gènes «morphogénétiques» du végétal. Ces derniers agissent comme de véritables chefs d’orchestre moléculaires : ils dictent comment les cellules doivent se diviser pour former rapidement des racines, des tiges, puis une nouvelle plante.
Ainsi, cette nouvelle technologie NGT n’ajoute aucun matériel génétique étranger. L’outil agit tel un interrupteur qui «augmente le volume» des gènes de croissance natifs déjà présents dans la plante, là où les anciennes méthodes essayaient souvent d’accélérer la croissance en insérant des morceaux d’ADN extérieurs (d’autres espèces).
Les résultats sont impressionnants. En stimulant la propre mécanique interne de la plante, les chercheurs ont réussi à contourner ce fameux goulot d’étranglement de la régénération. Chez la pomme de terre, l’efficacité de croissance a grimpé jusqu’à 70 %, contre 35 % avec les méthodes habituelles. Chez les agrumes, réputés pour être extrêmement réfractaires aux manipulations en laboratoire, le taux de succès s’est envolé au-delà de 80 % !
Le gain de temps est tout aussi énorme. Concernant les fraisiers sauvages par exemple, le délai pour obtenir un plant complètement régénéré a été écourté de plus d’un mois ! Les peupliers, quant à eux, ont produit des pousses viables en quelques semaines, sans avoir recours à la moindre hormone de croissance, et en développant au final une biomasse plus importante. Une nouvelle prouesse technique qui ouvre la voie à une agriculture résiliente, bien plus rapide, et surtout capable de s’adapter aux immenses défis de notre époque…
















































