Les ventes de voitures électriques explosent. Pourtant, chez Stellantis, quatre usines sont au chômage technique. La faute à ACC, l’« Airbus de la batterie » européen, incapable de faire décoller sa production… Malgré 1,3 milliard d’argent public englouti.
Automotive Cells Company, plus connue sous le sigle ACC, naît en août 2020 de l’association de Stellantis et de TotalEnergies, à travers sa filiale Saft, dont elle exploite la technologie. Mercedes-Benz la rejoint en 2022. Soutenue par Paris, Berlin et Bruxelles, la coentreprise ne fait pas mystère de son ambition : devenir « l’Airbus de la batterie », un champion européen capable de libérer le continent de sa dépendance aux cellules asiatiques. Le programme est à la mesure du slogan : 7,3 milliards d’euros d’investissements, dont 1,3 milliard de fonds publics, trois gigafactories en France, en Allemagne et en Italie (ces deux dernières ayant déjà été abandonnées depuis), 120 GWh de capacité en 2030. La première, à Billy-Berclau/Douvrin, dans le Pas-de-Calais, est inaugurée en mai 2023 sur les terres d’une ancienne usine de moteurs thermiques, avec un premier bloc de 13 GWh appelé à atteindre 40 GWh à la fin de la décennie.
Des clients, mais… pas de batteries
Trois ans plus tard, la fanfare joue sacrément faux. Et, le 29 septembre, Stellantis a dû annoncer à ses représentants du personnel l’arrêt provisoire de ses usines de Sochaux et de Rennes. Un comble alors que les clients sont légion. Mais l’entreprise se voit incapable de les fournir à un rythme acceptable en batteries « long range », celles destinées aux Peugeot e-3008 et e-5008 et au Citroën ë-C5 Aircross. Or, le groupe entier dépend d’ACC pour ce type de matériaux et ne peut faire appel à d’autres fournisseurs. Les commandes sont donc servies par ordre de priorité : Peugeot et DS d’abord, Citroën ensuite. Dès février, la version 97 kWh de l’e-3008 n’était livrable qu’en novembre, quand la version 73 kWh, équipée de cellules chinoises, l’était dès le mois de mars.
De son côté, ACC conteste toute défaillance et assure que sa production de modules de septembre approche celle de toute l’année 2025. Vrai… C’est hélas bien tout le problème.
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