
Avant-garde

Si l’on évoque les pays à la pointe de la transition énergétique, le Danemark ou la Norvège viennent naturellement à l’esprit. Pourtant, depuis quelques années, certains pays en voie de développement adoptent des technologies vertes à un rythme qui n’a rien à envier à celui des nations les plus riches. En Éthiopie, les voitures électriques ont atteint un taux de pénétration de plus de 70 %, contre à peine 6 % aux États-Unis. Au Pakistan, il a été installé autant de panneaux solaires ces deux dernières années que dans l’ensemble de la France.
Et cela n’a rien à voir avec le climat.
Historiquement, l’essor économique occidental (XIXe-XXe siècles) a reposé sur les énergies fossiles. Ces pays n’ont déployé le bas carbone qu’une fois développés, comme en témoigne le Royaume-Uni, ex-premier émetteur mondial de CO₂, qui consomme aujourd’hui moins de charbon qu’il y a 400 ans, celui-ci ayant été largement remplacé par les énergies renouvelables.
Toutefois, cette trajectoire historique n’est plus soutenable. Si tous les pays en développement suivaient ce même modèle, les budgets carbone mondiaux exploseraient bien avant qu’ils n’atteignent notre niveau de prospérité, conduisant inévitablement à un mur climatique. Fort heureusement, ce dilemme entre développement économique et préservation du climat se dissipe.
L’Inde, pays le plus peuplé du monde, voit son économie croître à une vitesse impressionnante, rappelant la Chine des années 2000. Or, cette dernière est responsable de l’écrasante majorité de la hausse des émissions mondiales de CO₂ des vingt dernières années. Une trajectoire similaire pour l’Inde serait catastrophique sur le plan environnemental.
Or, les données compilées par Ember, un think tank spécialisé dans la transition énergétique, révèlent que la trajectoire de développement indienne se distingue nettement de celle de son voisin. À niveau de développement économique et de pouvoir d’achat équivalents (PIB par habitant ajusté), l’Inde génère davantage d’énergie solaire par personne que la Chine ne le faisait au même stade, et produit proportionnellement moins d’électricité à partir du charbon. En d’autres termes, la transition énergétique de l’Inde s’amorce à un stade bien plus précoce. Tout indique ainsi que le pic des émissions indiennes sera nettement inférieur au pic chinois.
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