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Temps de lecture : 11 minutes

20 septembre 2026

Dernier représentant de l’Alliance bolivarienne vantée par Jean-Luc Mélenchon, Daniel Ortega continue de plonger le Nicaragua dans la dictature, à coups de révisions constitutionnelles, de culte du chef et de fonctionnement clanique. Avec une stratégie et un fondement idéologiques qui ressemblent étrangement à ceux de La France insoumise.

Dupliquer en Europe le modèle révolutionnaire sud-américain d’inspiration bolivarienne ou sandiniste ? Le leader de La France insoumise ne dit pas autre chose quand il déclare, en août dernier, que « chaque choix personnel fera l’histoire, la grande histoire » ; dans les urnes, en 2027, il faudra choisir selon lui entre « le suprémacisme raciste ou le collectivisme » : « Notre victoire ne sera pas seulement une victoire politique, mais un jour nouveau sur le monde, qui est attendu de la France ». Mais du modèle révolutionnaire qui inspire tellement le chef de l’extrême gauche française, il ne subsiste plus grand-chose depuis que le régime cubain négocie directement, à La Havane, avec le « diable » en personne (alias John Ratcliffe, directeur de la CIA), et que Nicolas Maduro est incarcéré à New York (tandis que la présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez remercie Donald Trump pour son « aimable disposition » à travailler avec elle)… Il ne reste plus guère que Daniel Ortega pour entretenir les braises de la Révolution depuis Managua, bien décidé à s’accrocher à la dernière planche du radeau. Le 1er septembre dernier, l’Assemblée nationale nicaraguayenne (contrôlée par le FSLN, Front sandiniste de libération nationale, aux ordres de Daniel Ortega et de son épouse et coprésidente Rosario Murillo) a ainsi approuvé une réforme constitutionnelle portant de six à sept ans les mandats des autorités élues. Le couple présidentiel restera donc à la tête du pays jusqu’en janvier 2028, sans se soumettre au scrutin initialement prévu en novembre 2026. En janvier 2025, une première révision de la Constitution avait déjà placé les autres institutions du pays sous la « coordination » de la coprésidence. De fait, toute opposition peut être censurée sous prétexte de « tentative de coup d’État », soupçon de financement étranger, ou en raison d’actes contraires à la souveraineté. Le Conseil suprême électoral peut également dissoudre les partis. En d’autres termes : seuls pourront concourir aux prochaines élections présidentielles ceux que le pouvoir aura autorisés… à perdre. Une règle qui n’a rien d’inédit. À l’approche du scrutin de novembre 2021, Ortega avait déjà organisé la rafle de ses rivaux les plus crédibles, de Cristiana Chamorro à Félix Maradiaga, enfermés à la sinistre prison d’El Chipote. Il s’assura de la sorte un quatrième mandat sans le moindre adversaire.

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