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Temps de lecture : 3 minutes

5 septembre 2026

Face aux ciseaux moléculaires traditionnels, souvent trop volumineux pour être transportés dans nos cellules, une nouvelle technologie miniature, TIGRa, s’apprête à secouer la thérapie génique. Son point fort ? Permettre d’activer simultanément plusieurs gènes pour s’attaquer à des maladies complexes, comme la cécité !

Imaginez pouvoir ordonner à l’organisme de réparer un nerf optique endommagé ou de contrer une maladie musculaire dégénérative. C’est la promesse de cet outil d’activation génétique développé par l’Université de Stanford. Les premières démonstrations sont prometteuses : lors d’essais en laboratoire sur des souris reproduisant les lésions du glaucome (une maladie qui détruit le nerf optique), ce système a permis de doubler le taux de survie des cellules de la rétine et de préserver environ un tiers de la capacité visuelle des sujets.

Et les ambitions de cette thérapie dépassent largement le cadre des maladies oculaires ! Les chercheurs envisagent déjà de l’utiliser pour orchestrer une réponse face à diverses pathologies complexes impliquant de multiples dysfonctionnements cellulaires : dystrophie musculaire, obésité, insuffisance cardiaque, maladies du foie ou troubles neurodégénératifs, etc.

Contrairement aux approches précédentes qui peinaient à cibler plus d’un gène à la fois, TIGRa permet en effet de « réactiver » simultanément jusqu’à 12 gènes au sein d’une même cellule ! Les chercheurs l’ont vérifié en reprogrammant des cellules de peau en cellules souches…

Le défi de la livraison dans les cellules !

En thérapie génique, on utilise des virus inoffensifs (les AAV) comme des navettes pour livrer les outils génétiques dans nos cellules. Or le problème des technologies classiques comme CRISPR, c’est leur taille : elles sont trop volumineuses pour y entrer. Les médecins devaient donc envoyer plusieurs virus en espérant qu’ils atteignent tous la même cellule, une méthode complexe et fort incertaine en termes de résultats. C’est ici qu’intervient ce nouvel outil TIGRa, un système ultra-compact et efficace : il fait moins de la moitié de la taille des outils CRISPR standards et s’intègre donc parfaitement dans un seul vecteur viral.

De plus, TIGRa s’affranchit des restrictions de ciblage qui bloquent habituellement les outils classiques, permettant donc aux scientifiques d’atteindre n’importe quelle zone du génome. En produisant un long brin de guidage qui se découpe naturellement pour cibler plusieurs gènes à la fois, TIGRa résout enfin le casse-tête de la taille et de la polyvalence en médecine génétique.

« Grâce à sa petite taille et à sa polyvalence, TIGRa pourrait être utilisé pour traiter de nombreuses maladies dans tout le corps : les affections cardiaques, hépatiques et cutanées, le cancer, les maladies neurodégénératives, les AVC et bien d’autres encore ! » — Yang Sun, professeur d’ophtalmologie et auteur principal de l’étude.

Infographie expliquant les avantages et applications de TIGRa, un outil d'édition génétique plus petit que CRISPR.