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Temps de lecture : 11 minutes

10 octobre 2026

L’Europe a raté la révolution de la tech. Bilan ? Pour chaque famille, c’est près de 35 000 euros par an en moins. Depuis 1995, la productivité européenne a décroché d’un cinquième face à l’Amérique. La cause : le Vieux Continent investit trop peu dans la tech, parce qu’échouer y coûte trop cher. La solution : la flexisécurité ciblée, sur le modèle danois.

Graphique retraçant l'évolution de la productivité horaire du travail européenne face aux États-Unis de 1900 à 2022.

En 1995, une heure de travail en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne produisait autant qu’une heure aux États-Unis. Aujourd’hui, c’est 20 % de moins. La courbe présentée par Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, raconte un siècle d’histoire économique (graphique 1). Deux guerres mondiales font plonger la productivité européenne : en 1945, une heure de travail européenne produit à peine le quart d’une heure américaine. Puis l’Europe rattrape brillamment son retard en cinquante ans. Elle améliore sa productivité en déployant les technologies de la deuxième révolution industrielle, qu’elle a en grande partie inventées : le moteur, l’électricité, la chimie. Peugeot, Citroën, Michelin, Latécoère, puis Airbus en sont les symboles.

Après 1995, l’écart se creuse de nouveau. Les entreprises américaines augmentent la valeur de chaque heure de travail avec l’ordinateur et Internet, puis le smartphone et le cloud. Aujourd’hui, avec l’IA. Les entreprises européennes investissent beaucoup moins dans ces technologies. Pour Isabel Schnabel, c’est la cause principale du décrochage. Le rapport Draghi le confirme : sans le secteur de la tech, la productivité européenne aurait progressé à peu près au même rythme que l’américaine depuis vingt ans.

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