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Temps de lecture : 5 minutes

8 août 2026

Collusions avec des industriels, proximité avec des mouvements ésotériques, alliances avec des courants ultraréactionnaires… Dans Naturellement chimique, notre nouveau livre, nous enquêtons sur les dérives de certains politiques, ONG et médias, révélatrices d’une fracture qui dépasse largement la chimie : celle qui oppose désormais modernes et antimodernes.

Des corps qui suffoquent, des récoltes qui grillent, des forêts qui brûlent. L’été 2026 aura brutalement montré notre vulnérabilité – et celle de la nature – face au changement climatique.

Immédiatement, certains ont, à raison, rappelé leurs alertes passées face à ceux qui rejetaient la réalité scientifique. Mais crier au feu ne fait pas de vous un pompier efficace. Car une grande partie des voix les plus bruyantes sur le sujet furent aussi celles qui ont rejeté avec la plus grande véhémence les solutions de lutte ou d’adaptation les plus pertinentes.

Dominique Voynet, alors ministre de l’Environnement, saborde le nucléaire français à Bruxelles et obtient avec les Verts la fermeture de Superphénix, portant un coup durable à une filière conçue pour mieux recycler le combustible des centrales. En 2011, EELV arrache au Parti socialiste la fermeture de Fessenheim, qui, selon EDF, évitait entre 6 et 12 millions de tonnes de CO₂ par an. Une décision mise en application en 2020 par Emmanuel Macron.

Autre antinucléaire historique, Greenpeace conteste encore l’idée de remplacer massivement le parc automobile thermique par des voitures électriques et combat depuis des décennies les OGM, puis les NGT, techniques d’amélioration variétale susceptibles d’accélérer l’adaptation des cultures. Les retenues d’eau sont conspuées, même lorsqu’elles stockent en hiver l’eau qui manquera l’été. Les pompes à chaleur – et la climatisation qui les accompagne – n’ont pas meilleure presse, alors qu’elles permettraient d’éviter 40 millions de tonnes de CO₂ par an… et plusieurs milliers de morts à chaque canicule. Même les grandes infrastructures de fret sont combattues, comme le Lyon-Turin ou le canal Seine-Nord Europe. Et que dire de l’IA, dont certains voudraient freiner l’implantation des centres de données en France, au risque de voir les mêmes calculs effectués dans des pays dont l’électricité est beaucoup plus carbonée ?

Un tel pompier politique n’est pas seulement inefficace : il combat l’incendie après avoir vidé les citernes, brûlé les lances… et parfois même soufflé sur les braises.

Car le cœur du débat n’oppose plus les climatosceptiques aux autres – nous n’en sommes plus là. Il oppose désormais deux visions du monde : l’une voit dans le progrès un coupable, l’autre une solution.

Pour les premiers, c’est parfois une manière de s’en prendre au capitalisme. Mais il y a autre chose. Une hostilité plus profonde au progrès lui-même, et à la science qui le rend possible, qui dépasse largement la critique du seul système économique.

Cette lutte entre visions modernes et antimodernes s’est peu à peu imposée, au fil de l’écriture, comme le véritable cœur de notre nouvel ouvrage, dont le sujet est aussi bouillant que l’été que nous traversons : Naturellement chimique. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que sa rédaction nous aura menés de surprise en surprise.

Quoi de plus moderne, et de plus détesté, que la chimie ?

Elle a littéralement modelé notre monde. Un monde plus confortable, où l’on vit plus vieux et en bien meilleure santé. Un monde qui nous a mieux armés face à la faim, au froid ou à la maladie… au point de nous faire oublier combien la nature pouvait être hostile. Si bien qu’aujourd’hui, tout ce qui est qualifié de « chimique » inquiète, tandis que tout ce que l’on appelle « naturel » rassure. Une distinction qui, lorsqu’on possède quelques notions scientifiques, peut prêter à sourire…

Mais ce sourire, nous ne l’avons pas gardé longtemps. Car derrière les promesses marketing, les déconnexions politiques et les naïvetés militantes se cachent des charlatans dangereux, des profiteurs sans scrupules et des mouvances ésotériques ou complotistes aux idéologies les plus rances.

Ce ne sont pas quelques hurluberlus isolés. Ce sont des organisations qui financent, noyautent, menacent ou endoctrinent toute une partie de nos chercheurs, de notre administration ou de notre jeunesse. Le phénomène est très inquiétant. Et la responsabilité des politiques, des médias et des ONG qui les portent aux nues, ou s’en font les porte-voix, est écrasante.

C’est ce que nous révélons dans Naturellement chimique : des progressistes autoproclamés main dans la main avec les pires obscurantistes, des pourfendeurs des lobbies qui se financent auprès d’industriels, des humanitaires qui mettent parfois en danger les plus vulnérables…

Exposer ces contradictions, c’est aussi permettre à la recherche, à la science et à l’innovation d’avancer plus sereinement, libérées des procès d’intention et des attaques permanentes. Et, peut-être, en finir avec les pompiers pyromanes.

Le combat sera long. Mais avec vous, Naturellement chimique peut devenir une de ses premières pierres.

Naturellement Chimique, 218 pages couleur. Édition brochée : 24,90 €, disponible sur Amazon ; version numérique : 16,90 €, disponible sur lel.media.