L’IA est peut-être en train de préparer la prochaine révolution des puces. Des agents Claude viennent d’identifier deux matériaux qui pourraient permettre de fabriquer des composants plus rapides, beaucoup moins énergivores et capables de conserver leurs données sans courant.
La société américaine Vals AI, spécialisée dans l’évaluation des modèles d’IA, vient de publier les travaux d’une équipe d’agents Claude Opus 5.5, témoignant de la (re)découverte de deux matériaux pouvant bouleverser la spintronique, notamment née des travaux du Français Albert Fert, prix Nobel de physique 2007. Celle-ci entend exploiter non seulement la charge des électrons, mais aussi leur spin, une minuscule aimantation orientée vers le haut ou vers le bas. Les aimants classiques trient ces électrons, mais leur champ perturbe les composants voisins. Les antiferromagnétiques n’émettent pas ce champ, mais ne trient rien. Le graal ? Réunir les deux qualités dans un semi-conducteur opérant à température ambiante.
Il pourrait s’agir d’une véritable révolution. Nos puces séparent le calcul et la mémoire, qui s’efface dès que le courant est coupé. Un semi-conducteur magnétique ferait les deux, conservant l’information sans énergie et la traitant sur place, avec des composants plus denses, plus rapides et bien moins gourmands. Or ceux connus jusqu’ici ne restent magnétiques que dans un froid intense, bien en dessous de 0 °C. Il faudrait donc les refroidir en permanence, ce qui se conçoit en laboratoire, mais pas dans un téléphone ou un ordinateur portable. Fonctionner à température ambiante pourrait tout changer.
Les agents ont débusqué deux candidats. Le premier, un oxyde inédit, YBaMnFeO₅, coche toutes les cases sur le papier, mais son agencement atomique risque de se défaire à la chaleur qu’exige sa fabrication. Le second existe depuis 1999. Ce cousin du bleu de Prusse, KV[Cr(CN)₆], reste magnétique jusqu’à 103 °C, sans qu’on l’ait identifié comme membre de cette famille.
Rien n’est encore démontré en laboratoire, et les auteurs publient eux-mêmes calculs, code et limites. Mais la démarche illustre ce que l’IA peut offrir à la science.













































