
Idée reçue

Premier septembre 2026. La rentrée bat son plein et la chaîne LCP choisit ce moment symbolique pour diffuser une émission consacrée à l'intelligence artificielle dans l'éducation. Le titre, accusateur, fait d'emblée l'économie d'un point d'interrogation : « IA et école : cerveaux en danger ».
Sur le plateau, l'ambiance est au réquisitoire. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias donne le ton en dénonçant un « drame culturel majeur » et une « désaffection pour le livre et la lecture », quand bien même le lien de causalité direct avec l'IA resterait à prouver. À ses côtés, Agnès Fabre, professeure de lettres et cofondatrice du collectif « Éducation numérique raisonnée », abonde. Pour elle, la priorité absolue est d'expliquer aux élèves « pourquoi il ne faut pas l'utiliser pour apprendre », allant jusqu'à affirmer que l'outil générerait une « baisse de confiance en soi ». Même Marie-Christine Levet, CEO d'Educapital, pourtant issue de l'EdTech, livre une analyse particulièrement sévère : « N'abandonnons pas l'éducation de nos enfants à ChatGPT. Ce ne sont pas des outils d'apprentissage, ce sont des outils dans l'immédiateté de la réponse, alors que l'on sait que l'apprentissage vient de l'effort et du travail. »
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