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Temps de lecture : 5 minutes

24 septembre 2026

Injonctions contradictoires et prudence confinant à la paralysie : l’État, malgré quelques bonnes intentions, ne rentre pas dans l'ère de l'IA avec une âme conquérante. La faute, sans doute, à une vision toujours biaisée de ses impacts environnementaux.

Publié en juin 2026, le Guide d’usage de l’IA pour les agents publics de l’État rédigé par la direction interministérielle du numérique (DINUM) ambitionne d’encadrer « une adoption déjà massive ». Mais l’outil qu’il décrit, les dangers qu’il lui associe et les précautions qu’il impose semblent souvent sortis des premiers mois de ChatGPT.

Ce que le guide fait correctement

Rédigé de manière très pédagogique, il fournit de nombreuses recommandations de bon sens : sensibiliser aux risques d'hallucination, protéger les données sensibles, privilégier les outils approuvés, vérifier les sources et maintenir un contrôle humain proportionné aux enjeux. Ces règles restent indispensables, notamment puisque les modèles hallucinent encore comme le reconnaît OpenAI, et que leur capacité croissante à agir augmente les conséquences de leurs erreurs.

Une IA réduite au chatbot de 2023

Mais le guide présente essentiellement l’IA comme un assistant capable de « rédiger un texte, de de synthétiser un document ou d’élaborer une ébauche de note ». Son mode d’emploi repose sur le « bon prompt », comparé au briefing d’un stagiaire. Les modèles de raisonnement, qui décomposent un problème par étapes avant de répondre, comme les agents capables de planifier une tâche, d’utiliser des outils ou d’agir directement dans un logiciel, sont pratiquement absents.