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Temps de lecture : 4 minutes

29 octobre 2026

Accusé de tous les maux climatiques mais pilier de nos paysages et de notre gastronomie, l’élevage cristallise les tensions agricoles. Si le Shift vise une baisse mesurée du cheptel, il fait l’impasse sur la survie des fermes et occulte l’apport de la science.

Impossible de boucler l’équation agricole sans s’attaquer à son sujet le plus explosif : l’élevage. À lui seul, il concentre près de 60 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur en France. En cause, d’abord, la biologie même des ruminants, car la fermentation entérique (les fameux rots des vaches) et la gestion des déjections relâchent d’importantes quantités de méthane et de protoxyde d’azote. Mais les impacts ne s’arrêtent pas là. Nourrir des animaux avec des céréales et des oléo-protéagineux (dont une partie de soja importé) pour produire des protéines animales implique une déperdition énergétique majeure liée au métabolisme des bêtes. Ainsi, il faut plusieurs kilos de protéines végétales pour espérer obtenir un seul kilo de viande, ce qui mobilise d’immenses surfaces arables.