
Idée reçue

Le rapport du Shift Project sur l’alimentation ne s’intéresse pas qu’à ce qui se passe dans nos champs. Il s’attarde également longuement sur nos usines, nos supermarchés et nos casseroles. Pourquoi ? Parce que l’amont agricole ne fonctionne pas en vase clos… Faire évoluer les cultures à la ferme impose d’aligner les outils de transformation et le contenu de nos assiettes.
Et l’aval pèse aussi de son propre poids climatique. Si la production agricole génère les deux tiers de l’empreinte carbone de notre alimentation, le tiers restant (soit près de 55 millions de tonnes d’équivalent CO2, en part du total) provient des maillons suivants : le transport (19 %), la transformation industrielle (6 %), la distribution et la restauration (4,7 %) ainsi que la cuisson domestique (4,5 %), autant d’étapes encore largement dépendantes des énergies fossiles.
Sur le volet strictement industriel, la copie du Shift se révèle d’ailleurs plutôt convaincante. Ici, point de technophobie : dans son scénario de « décarbonation active », le think tank vise une chute de 80 % des émissions des usines agroalimentaires d’ici 2050. Comment ? Grâce à une cure d’efficacité énergétique et surtout une électrification massive des procédés thermiques (séchage, pasteurisation, cuisson) via des pompes à chaleur haute température, complétée par la biomasse lorsque nécessaire. Une trajectoire d’ingénieur pragmatique… et difficilement contestable.
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