Partager

Mode clair Mode sombre

Temps de lecture : 8 minutes

23 août 2026

À Mayotte, l'eau est partout... Sauf au robinet. Une usine de dessalement pourrait mettre fin à la pénurie, mais son chantier est retardé de 6 mois, après l'action en justice d'associations environnementales. Prudence légitime, ou dogmatisme ?

Depuis trois ans, les Mahorais vivent au rythme des coupures d'eau. Le réseau ne couvre qu'environ 80 % des besoins — 38 000 mètres cubes quotidiens pour une consommation estimée à 47 000. Et en mai dernier, après une nouvelle saison des pluies insuffisante, le rationnement s'est encore aggravé. Dans le département le plus pauvre de France, des milliers d'habitants doivent stocker de l'eau dans des bidons pour tenir entre deux distributions.

L'île est pourtant entourée d'eau. Et il y a plus d'un an, une usine est sortie de terre à Ironi Bé, pour en rendre une partie potable. Il s'agit de produire 10 000 mètres cubes par jour, extensibles à plus de 16 000, pour environ 95 millions d'euros. De quoi effacer le déficit quotidien du territoire. La pénurie d'eau a déjà tué : 5 morts du choléra en 2024 selon l'Institut Pasteur.

Malheureusement, le 31 juillet dernier, le tribunal administratif de Mamoudzou a suspendu l'autorisation environnementale du chantier.

Trois associations avaient saisi la justice : Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et le GEPOMAY, groupe de protection des oiseaux. Selon leur communiqué, l'usine ferait peser un risque sur les stocks de poisson et menacerait « la sécurité alimentaire des Mahoraises et des Mahorais ». Sur une île où 30 % des habitants ne sont pas raccordés à l'eau potable, on attaque une usine d'eau potable au nom de la sécurité alimentaire.

Article réservé à nos abonnés.

Lire la suite s'abonner dès 5€/mois