Et si l’intelligence artificielle concevait elle-même les médicaments de demain ? Des chercheurs de Stanford ont créé un algorithme capable de générer de l’ADN de toutes pièces pour détruire des bactéries ultra-résistantes !
L’humanité fait face à une menace grandissante : la résistance des bactéries aux antibiotiques. Pour contrer ce fléau, une équipe de l’Université de Stanford a dévoilé l’an passé « Evo-2 », une intelligence artificielle d’un genre nouveau, dont les dernières nouvelles, présentées il y a quelques jours, témoignent d’un progrès inouï. Contrairement aux IA qui rédigent des textes ou génèrent des images, celle-ci écrit… des génomes entiers, pouvant produire de nouvelles séquences d’ADN sans nécessiter la moindre intervention humaine.
En s’appuyant sur une base de données contenant l’ADN des différentes branches du vivant (bactéries, archées, eucaryotes, virus), cet algorithme est capable de prédire la forme et la fonction des protéines pour inventer de nouvelles séquences génétiques.
« Evo 1 a d’abord été entraîné sur environ 113 000 génomes de formes de vie plus simples comme les bactéries et les archées, connues sous le nom de procaryotes. Evo 2, quant à lui, inclut en supplément les génomes connus d’environ 15 000 plantes et animaux dont l’être humain. Notre base de données est ainsi passée d’environ 300 milliards de nucléotides à près de 9 000 milliards. Par mesure de sécurité, nous avons exclu les génomes des virus eucaryotes afin d’empêcher qu’Evo 2 ne soit utilisé pour créer de nouvelles maladies ou des maladies plus dangereuses. Il s’agit d’un instantané représentatif de toutes les espèces terrestres », selon Brian Hie, professeur de génie chimique.
Pour prouver son efficacité, les scientifiques viennent de lui confier une mission consistant à créer des virus tueurs de bactéries, capables d’anéantir Escherichia coli. Le résultat est vertigineux ! À partir d’un minuscule fragment d’ADN d’un bactériophage existant, l’IA a généré des milliers de variantes inédites. Après filtrage de cette masse de données, les chercheurs ont synthétisé chimiquement près de 300 candidats. Les tests en laboratoire ont ensuite permis d’isoler seize virus tueurs d’une efficacité exceptionnelle, présentant une « aptitude » supérieure à celle du virus d’origine !
Face à un cocktail composé de ces seize virus artificiels, la bactérie E. coli s’est retrouvée incapable de s’adapter à cette attaque simultanée, alors qu’elle est résistante au phage d’origine. Cette avancée spectaculaire ouvre la voie à la création d’antibiotiques ciblant des pathogènes redoutables comme le fameux staphylocoque doré résistant à la méticilline. En outre, les chercheurs envisagent d’appliquer Evo-2 à des génomes bactériens plus complexes afin de créer des microbes bénéfiques artificiels, capables de produire des médicaments, des carburants et bien plus encore !
















































