Décarboner le transport maritime, en naviguant à l’ammoniac ? La solution en fait rêver plus d’un, mais bute sur un problème complexe : elle émet d’autres polluants, dont du protoxyde d’azote. Or, une équipe de chercheurs coréens pourrait bien avoir trouvé une solution clé en main !
Aux Électrons Libres, nous suivons de près les avancées du transport maritime, au point de comparer les super-containers à leurs équivalents en twingos. S’il est déjà très efficace, sa décarbonation reste un enjeu majeur : 80% des marchandises échangées dans le monde transitent par la mer. Pour le propulser, l’ammoniac a un atout : sa molécule ne contient aucun carbone et sa combustion ne produit donc pas directement de CO₂. De quoi intéresser les armateurs cherchant des carburants de substitution pour leurs navires.
Mais ses gaz d’échappement posent un sérieux problème. Brûler de l’ammoniac génère du protoxyde d’azote, un gaz au pouvoir de réchauffement environ 300 fois supérieur à celui du CO₂. S’y ajoutent des oxydes d’azote et de l’ammoniac non brûlé. Autant de rejets à traiter, avec des équipements qui prennent de la place et alourdissent la facture…
L’équipe de Sun-Mi Hwang, au Korea Institute of Energy Research (KIER), s’attaque à cet obstacle avec deux catalyseurs complémentaires. Le premier décompose plus de 99 % du protoxyde d’azote à 350 °C, sans agent réducteur externe. Soit environ 100 °C de moins que les solutions commerciales existantes citées par l’institut. Cette différence change la donne : cela permet au dispositif de fonctionner à une température correspondant à celle des gaz d’échappement. La chaleur disponible à la sortie du moteur devient ainsi un atout. Pour intégrer la dépollution au navire, ce détail technique est un argument de poids !
Le second catalyseur élimine simultanément 99 % des oxydes d’azote et de l’ammoniac résiduel. Selon le KIER, il coûterait environ 80 % de moins que les alternatives à base de métaux nobles. La quantité de catalyseur nécessaire pourrait aussi être divisée par deux.
C’est là que l’avancée prend toute sa force. Chaque dépense évitée, chaque équipement simplifié rend le changement de carburant plus accessible. Pour un armateur, pouvoir dépolluer sans multiplier les installations pèse dans une décision d’investissement. Prochaine étape : des essais pilotes en conditions réelles.


















































