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Temps de lecture : 14 minutes

8 mars 2026

10 milliards de dette. 11 % de commerces vacants. Une propreté, une sécurité et une attractivité qui posent question. Douze ans après la première élection d’Anne Hidalgo, Paris est-elle encore la plus belle ville du monde ?

Toile de fond iconique aux trames de films comme « Minuit à Paris », « Moulin Rouge », « Inception », « La La Land » et « Ratatouille », la Ville Lumière attire, fascine et fait rêver tout autour du globe. Ce n’est pas un hasard si 38 millions de personnes viennent la visiter chaque année. Alors, à quelques jours du scrutin municipal, tirer le bilan de l’édile sortante n’est pas chose aisée, car il s’agit d’analyser les effets de sa politique sur une ville qui dispose de sa propre force d’attractivité et d’un nom qui se chante dans toutes les langues.

Pourtant, c’est un exercice nécessaire, car Paris n’est pas une ville musée. Plus de 2 millions de personnes y résident et tout autant y travaillent tous les jours. Et leur quotidien ne se résume pas à visiter le Louvre, se prélasser en terrasse à Saint-Michel ou prendre un selfie devant la tour Eiffel. C’est là toute la difficulté d’administrer un symbole comme Paris : éviter que la carte postale des touristes ne devienne un cauchemar pour les résidents.

Élue pour la première fois il y a douze ans à la mairie de Paris après en avoir été la première adjointe, Anne Hidalgo a été réélue en 2020, ce qui a constitué une petite surprise à l’époque, tant l’insatisfaction d’une partie des habitants semblait être importante. D’autant plus qu’elle n’a jamais su gagner son propre arrondissement, le XVe, indéfiniment destiné à la droite.

Un héritage considérable, dilapidé avec méthode

Pour comprendre l’ampleur du gâchis, revenons douze ans en arrière, au moment où Bertrand Delanoë transmet les clés de la ville à Anne Hidalgo. Il lui a légué une ville dynamique, à la dette (bien que non négligeable) maîtrisée, et dont l’attractivité internationale demeurait sans égale. Paris était alors régulièrement classée parmi les trois premières métropoles mondiales dans les grands indices de compétitivité. Le réseau de transports en commun, dense et structurant, constituait l’épine dorsale d’une mobilité urbaine enviée. Le lancement du Vélib’ en 2007 avait fait de Paris la capitale mondiale du vélo en libre-service. L’autopartage avec Autolib’ fonctionnait plus ou moins. Les berges de Seine étaient encore accessibles aux voitures, permettant une circulation fluide sur les axes structurants.

Un héritage à faire fructifier. À l’image du mobilier urbain traditionnel et parfois centenaire mis au rebut, il a été au contraire méthodiquement détricoté par une idéologie faisant primer l’affichage politique sur le pragmatisme opérationnel. Dès les premières années du mandat, une orientation nette s’est dessinée : Paris serait un laboratoire de la transformation écologique et sociale, quitte à bousculer les équilibres en place faisant le sel de la ville. L’ambition n’est pas critiquable en soi. Ce qui l’est, c’est la manière dont elle a été conduite : sans concertation réelle ni évaluation rigoureuse des effets induits de manière ex ante, et surtout sans considération suffisante pour les finances de la collectivité.

Un endettement hors de contrôle

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