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Calories, émissions de CO2, puissances électriques : tous les chiffres présentés dans cet article sont factuellement défendables. Et pourtant, le propos, qui empile les procédés rhétoriques malhonnêtes, est absurde. Toute ressemblance avec certains articles et tribunes récents serait évidemment purement intentionnelle.

Le premier ressort utilisé est celui du mille-feuille argumentatif : saturer l’espace mental du lecteur par une succession d’arguments issus de domaines sans lien. De la cardiologie à la chimie des polymères, de la thermodynamique à la sociologie criminelle, l’article fabrique une illusion de cohérence là où il n’y a qu’un empilement de griefs. À peine un sophisme identifié qu’un autre surgit déjà.

Cette saturation s’inscrit dans une mise en scène typique du registre complotiste. En invoquant une « chape de plomb » médiatique, une « complaisance stupéfiante » des autorités et un supposé « lobby du fromage fondu », le texte se place en outsider du système. Il mobilise les codes du « vrai scandale qu’on vous cache », suggérant que le prétendu silence des médias ne tient pas à l’insignifiance du sujet, mais à une forme d’« omerta », afin de susciter l’indignation du lecteur et endormir son esprit critique.

La deuxième manœuvre consiste à mobiliser des données réelles — encore faut-il les vérifier — pour servir une narration biaisée, fondée sur des comparaisons fallacieuses.