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8 novembre 2026

Interdire les expulsions sans relogement public, renforcer l'encadrement des loyers, abroger la loi Kasbarian-Bergé… Le programme de La France insoumise reprend toutes les mesures qui ont précipité dans l'abîme le marché locatif espagnol.

Toutes, et même plus ! Non content de s'inspirer des recettes qui ont sinistré l'immobilier outre-Pyrénées — au point d'y faire prospérer les milices privées anti-squat —, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon promet d'aller encore plus loin en cas de victoire lors de la prochaine élection présidentielle. Cet arsenal est détaillé dans la « Bible » intitulée L'Avenir en commun, dévoilée le 6 novembre dernier : gel des loyers (plafonnement puis encadrement généralisé), permis de louer obligatoire et contrôles renforcés, restrictions sur les meublés touristiques (avec plafond de 60 jours, quotas et interdiction en hypercentre)… Pour 2027, la feuille de route des Insoumis prévoit aussi d'abroger la loi Kasbarian-Bergé et d'interdire les expulsions locatives sans relogement public ! En cas d'impayés, même après une décision judiciaire, le bailleur devrait donc attendre qu'un logement public se libère pour reprendre son bien. Pendant ce temps, il continuerait évidemment à payer ses charges et, le cas échéant, son crédit. Il faut peu d'imagination pour comprendre les effets dévastateurs de telles mesures sur l'offre des locations immobilières. La seule abrogation de la loi Kasbarian-Bergé renverrait à l'époque d'avant 2023, lorsqu'un propriétaire dont le logement était occupé sans droit ni titre devait engager une procédure civile longue et coûteuse (plusieurs années souvent), pendant laquelle les occupants restaient en place. L'interdiction de se faire justice soi-même exposait le propriétaire à des risques pénaux s'il changeait les serrures ou forçait le départ. Et le mythe des « 48 heures » circulait largement : au-delà de ce délai (lié à la flagrance pour une intervention policière immédiate), beaucoup croyaient qu'il ne restait plus que la voie judiciaire lente. La trêve hivernale (1ᵉʳ novembre – 31 mars) pouvait aussi compliquer les choses, même si elle ne s'appliquait pas, en principe, aux vrais squatteurs entrés par manœuvres, menaces ou contrainte.