Le réchauffement climatique ne ressemble pas à une pente douce, mais à un escalier. Chaque marche nous propulse un peu plus haut dans les ennuis. Et, à chaque nouveau palier, El Niño n’est jamais loin.
« Il n'y a plus de réchauffement climatique ! » C'est du moins ce qu'affirmaient les climatosceptiques en 2014, après près d'une décennie de stagnation apparente des températures. Manque de chance : en 2016, le bond fut phénoménal et le monde gagna d'un seul coup 0,3 °C. Pareil entre 2017 et 2022 : à nouveau une longue stagnation, puis un nouveau pic effrayant en 2023. Et alors que la courbe mondiale semblait de nouveau marquer le pas depuis 2024, les météorologues tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme : nous ne sommes que sur un replat trompeur, prêts à gravir la prochaine marche.
Car c'est bien ainsi que fonctionne la machine climatique moderne. Lorsque l'on observe la courbe des températures mondiales, particulièrement depuis l'aube des années 2000, la hausse ne dessine pas une pente douce et linéaire. Elle ressemble plutôt à un escalier — une succession de paliers horizontaux interrompus par des montées soudaines et brutales. Le réchauffement de fond, nourri par notre accumulation constante de gaz à effet de serre, agit comme une pression continue, mais ses conséquences sur les températures globales se font par à-coups. Et les responsables de cet escalier infernal ne sont autres que les soubresauts du Pacifique.