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Et si, demain, on protégeait les droits des auteurs de prompts ? L’idée vous paraît absurde ? C’est pourtant la suite logique d’une histoire débutée au XIXe siècle, quand fut reconnu, dans le fracas d’un procès, le talent des premiers photographes.

En 1862, la France fut le théâtre d’un procès qui marqua durablement l’histoire du droit d’auteur face à l’innovation technique. Les photographes Ernest Mayer et Louis Pierson, célèbres pour leur studio parisien et leurs portraits de personnalités, intentèrent une action en contrefaçon contre des concurrents, Betbéder et Schwalbé, qui avaient reproduit sans autorisation leur célèbre portrait du comte de Cavour. La question posée aux tribunaux était alors révolutionnaire : une photographie pouvait-elle être considérée comme une « œuvre de l’esprit » protégée par le décret de 1793 ? Ce texte fondateur reconnaît aux auteurs d’écrits, compositeurs, peintres et dessinateurs un droit de propriété exclusif sur leurs œuvres durant leur vie (et dix ans après leur mort pour leurs héritiers), leur permettant de vendre, distribuer et céder leurs créations. Ou n’était-elle qu’une reproduction mécanique du réel, privée de toute originalité créatrice ? Un débat qui opposa technique et création.