Idée reçue
L'argument principal en faveur d'un monde végétarien repose sur une réalité implacable : dans un agrosystème, introduire un animal ajoute un maillon supplémentaire à la chaîne alimentaire. Pour vivre, grandir et bouger, les bêtes dépensent une quantité phénoménale d'énergie par le simple processus de leur respiration cellulaire. Conséquence directe : une immense part des calories végétales ingérées par le bétail est littéralement gaspillée pour le maintenir en vie. La grande synthèse de Poore et Nemecek estime que les produits animaux utilisent environ 83 % des terres agricoles mondiales tout en ne fournissant que 18 % des calories… La production d’un simple kilogramme de protéines animales nécessite la consommation de 2 à 10 kilogrammes de protéines végétales. Sur le papier, supprimer ce maillon animal permettrait donc de nourrir directement les humains de manière bien plus efficace.
Mais la nature déteste les simplifications, et ce raisonnement purement mathématique oublie un détail crucial :
