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8 octobre 2026

C’est la version officielle : Pedro Sánchez convoque des élections anticipées à cause de la crise du logement. Mais entre scandales de corruption, inflation et majorité en déroute, le Premier ministre espagnol pourrait surtout avoir trouvé le prétexte idéal pour sauver sa peau.

Officiellement, Pedro Sánchez n’avait plus le choix. Après le rejet de son projet de loi sur le logement présenté devant les députés le 2 octobre dernier, sa majorité parlementaire vole en éclats. Le 5 octobre, il convoque donc des élections anticipées pour le 29 novembre, neuf mois avant le terme de la législature. Mais la crise du logement pourrait aussi lui offrir une providentielle porte de sortie. Car le changement de calendrier intervient alors que les affaires judiciaires empoisonnent la fin de mandat. Begoña Gómez, épouse du président du gouvernement, doit répondre devant un jury populaire de faits présumés de trafic d’influence et de malversation. Son frère, David Sánchez, a été condamné à neuf ans d’interdiction d’exercer une fonction publique dans l’affaire de son recrutement à la Diputación (équivalent du conseil départemental) de Badajoz. Autour du PSOE, l’affaire Koldo a également atteint deux anciens secrétaires du parti, José Luis Ábalos et Santos Cerdán, sur fond de soupçons de commissions occultes. Les deux ex-caciques du Parti socialiste espagnol sont aujourd’hui en prison. L’opposition a donc beau jeu de dénoncer une diversion dans la dissolution du Parlement. Le leader du Partido Popular Alberto Núñez Feijóo (prétendant à la succession à la Moncloa) accuse Pedro Sánchez de s’être fabriqué « un récit pour convoquer des élections et tenter ainsi de cacher la corruption ».