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Temps de lecture : 3 minutes

1 juin 2026

Finie l’époque où le baccalauréat ouvrait automatiquement les portes de la faculté. Pour mettre fin aux tirages au sort, Parcoursup a discrètement instauré une sélection à l’entrée de l’université. Un mal pour un bien, ou la fin d’un idéal ?

« On est en train d’entériner la sélection à la fac comme une chose normale. » Lorsqu’en 2018 le député LFI Éric Coquerel fustigeait la création de Parcoursup, il mettait le doigt sur un tabou historique. En France, le baccalauréat n’est pas qu’un simple diplôme de fin d’études secondaires : c’est le premier grade universitaire, censé garantir un accès inconditionnel aux bancs de la faculté. En balayant ce droit universel, la réforme a provoqué un véritable séisme politique. Mais derrière l’indignation de ses détracteurs se cachait une réalité de terrain devenue absolument intenable.

Pour comprendre ce basculement, il faut remonter à l’ère d’Admission Post-Bac (APB). Face à l’explosion démographique des étudiants, les facultés menaçaient de craquer. Comment faire entrer trois mille candidats dans un amphi de cinq cents places, alors que la loi interdisait formellement de regarder les bulletins scolaires ? L’administration avait alors opté pour la pire des solutions : le tirage au sort. Une loterie aveugle et brutale, où un élève brillant pouvait voir son avenir brisé par un mauvais numéro, tandis qu’un candidat l’ayant choisi par hasard raflait la mise.