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Temps de lecture : 5 minutes

5 octobre 2026

Manger local, c’est mieux pour la planète. Vraiment ? En réalité, le transport pèse assez peu dans l’impact écologique des aliments. Malheureusement, Écobalyse, le nouvel indicateur gouvernemental, continue d’entretenir ce mythe…

« Consommer frais et local ». Voilà une injonction écologique que l’on entend souvent dans les médias environnementaux. Une démarche vertueuse, qui s’érige parfois en dogme de consommation, jusqu’à être officiellement préconisée et encouragée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire lui-même. Et pourtant, si le locavorisme présente d’indéniables atouts pour le tissu économique de nos territoires et pour la survie financière de certains de nos agriculteurs, son bénéfice strictement environnemental et climatique s’avère, dans les faits, terriblement limité.

Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, la littérature scientifique s’accorde sur un constat : l’étape du fret pèse généralement peu dans le bilan environnemental de notre alimentation. Si l’on se penche sur l’indicateur le plus scruté, l’impact climatique (qui pèse par ailleurs très lourd dans les évaluations globales), cette part varie entre 6 % et 20 % des émissions de gaz à effet de serre selon les études. Et bien que cette proportion puisse grimper pour certaines filières végétales spécifiques ou pour des modes d’acheminement très polluants comme l’avion, la tendance d’une analyse multicritère (ACV) demeure : pour la vaste majorité des denrées, l’essentiel du coût écologique global se joue directement à la ferme, bien avant le chargement dans les camions de livraison.