Ensemencer les nuages ne suffira pas. Pour irriguer l’agriculture du Grand Ouest américain, certains envisagent jusqu’à huit usines de dessalement nucléaire au large de la Californie. Pour concilier prospérité et environnement, les États-Unis ne veulent pas gérer la pénurie, mais créer l’abondance.
L'eau de mer couvre 71 % de la surface terrestre. Elle ne coûte rien à extraire, ne s'épuise pas et ne dépend d'aucune négociation politique. La seule contrainte, c’est d’en faire de l'eau douce. C'est précisément ce que le dessalement industriel accomplit aujourd'hui, et à un coût qui n'a cessé de chuter depuis 40 ans.
Israël en a apporté la preuve la plus éclatante. En 2008, le pays traversait sa pire sécheresse en 900 ans. Quinze ans plus tard, il exporte de l'eau vers ses voisins palestiniens et jordaniens. En 2022, une délégation commerciale de l'Utah s'est rendue dans l'État hébreu pour étudier son modèle de dessalement à grande échelle. Le Sénat de l'Utah évalue désormais officiellement le dessalement comme la composante d'un plan plus large de sécurité hydrique.
L'Arizona planifie déjà un pipeline de 300 km pour acheminer de l'eau dessalée depuis l'océan jusqu'à Phoenix, pour un coût estimé à 5,5 milliards de dollars. Pour l'Utah, situé à plus de 1 000 km du Pacifique, il faut davantage d'imagination.