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Temps de lecture : 6 minutes

26 octobre 2026

Créer un jeu vidéo sans écrire une seule ligne de code ? Nous avons tenté l’expérience avec un jeu de stratégie pour smartphone conçu par des agents IA. Deux semaines et neuf versions plus tard, le résultat est bluffant. Mais sans l’humain, pas de bon jeu.

PhotoCraft, l’éditeur d’images libre lancé le 30 septembre pour concurrencer Photoshop, n’est pas un cas isolé. Le 24 octobre, 411 comptes GitHub avaient signé au moins une modification de son code, et 297 pour PdfCraft, son pendant pour Acrobat, salué par ZDNet. TechCrunch raconte même des particuliers qui font nettoyer leur téléviseur par Claude Code, parfois jusqu’à le rendre inutilisable. Nous avons tenté l’expérience en partant de zéro.

Le 10 octobre au soir, l’idée tient en une phrase lancée à un agent : « Créer Ost, un Age of Empires pour téléphone, comme League of Legends a eu le sien. Récolter du bois, bâtir une ville, lever une armée, au pouce. » Le lendemain, la tentation arrive : pourquoi ne pas ouvrir le jeu original et regarder dedans ? « Techniquement, oui », répond l’agent, qui a REA et Ghidra sous la main. « Mais je ne le ferais pas pour Ost. » Le code appartient à Microsoft. L’avoir lu « contaminerait » le projet : impossible ensuite de prouver qu’il a été écrit sans regarder ce code. Les mécaniques d’un jeu relèvent en principe des idées, non du droit d’auteur ; leur formulation et les éléments originaux qui les matérialisent restent protégés. L’agent se rabat sur ce qui est public. Sur 118 048 duels classés d’Age of Empires II joués fin janvier 2026, recensés par le site communautaire aoestats.io, une partie dure 40 minutes de jeu en médiane : Ost, qui en vise 10, en reprend les proportions. Puis le code de jeux libres. Personne n’a démonté le gâteau ; on l’a goûté et mesuré, puis comparé à l’original.