En bons Électrons libres, nous sommes de fervents partisans de l’intelligence artificielle et de la robotique. Non par fascination techno naïve, mais parce que nous voyons dans ces outils une puissance considérable d’invention, de connaissance, de création et d’émancipation. À condition, toutefois, qu’ils se développent dans un cadre démocratique et transparent.
Car le danger existe. Mais il ne réside pas dans l’existence de ces technologies. Il tient à la nature des pouvoirs qui s’en emparent. Or, paradoxalement, ce sont principalement les grandes entreprises privées qui développent l’IA qui essuient la majorité des critiques la concernant. Pourtant, les acteurs les plus redoutables ne sont pas nécessairement ceux que l’on désigne spontanément. Une entreprise peut capter l’attention, orienter les usages, influencer les comportements. Un État, lui, dispose du monopole de la contrainte légitime, de la coercition et du contrôle, par la violence et par la maîtrise de l’information.
C’est donc la rencontre entre l’intelligence artificielle et l’État autoritaire qui devrait nous inquiéter au premier chef. Car l’IA ne se contente pas alors d’organiser l’information : elle peut devenir une technologie de gouvernement. Couplée à la robotique, aux drones, aux systèmes de reconnaissance biométrique ou aux dispositifs policiers automatisés, elle acquiert une capacité d’action directe sur les corps et les territoires. La question démocratique posée par l’IA et la robotique ne dépend donc pas de leur concepteur, mais de qui les commande. Qui, surtout, empêche qu’elles deviennent les instruments d’une domination sans visage, qui s’avérerait incapable de rendre le pouvoir en cas de forte contestation, à plus forte raison si cette décision est confiée à des robots ?
Le risque naît précisément de cette alliance possible entre puissance computationnelle privée et puissance régalienne publique. C’est pourquoi la défense d’une IA démocratique ne peut se réduire à un discours moral sur la technologie. Elle suppose des contre-pouvoirs réels : juges indépendants, contrôle parlementaire, presse libre, audits publics, droit au recours, interdiction stricte de certains usages policiers ou militaires, transparence des marchés publics et contrôle des exportations vers les régimes autoritaires.
Vers une première mondiale pour les Électrons Libres…
Un vœu pieux ? Peut-être. Mais c’est pourtant cette réflexion qui nous amène, à l’ère où la communication et la presse sont les piliers d’une nouvelle forme de guerre hybride, à lancer prochainement un outil d’IA souveraine, adossé à notre média, qui permettra de renforcer notre volonté de vous offrir une information vérifiée, sourcée, précise et indépendante de tout carcan politique et de pressions financières. Rendez-vous le 20 mai pour découvrir cette première.
Cette date n’a pas été choisie au hasard. Elle correspond au premier anniversaire des Électrons libres. Un moment que nous fêterons avec quelques jours d’avance, le 12 mai, dans un restaurant parisien, avec nos auteurs et nos abonnés premium, qui sont le cœur de la formidable communauté que nous avons pu souder autour de ce projet fou, dont le succès ne fait que croître.
Merci à eux, et merci à vous tous, chers lecteurs.