La rentrée automnale approchant, elle apporte l’espoir que les feux de forêt qui ont ravagé notre pays ces dernières semaines, amplifiés par une canicule qui n’a plus rien d’exceptionnel, seront bientôt derrière nous. Ces flammes continuent, hélas, d’embraser le débat politique et de prouver son infidélité au réel. On pense aux propos de la députée insoumise Aurélie Trouvé, tenus sur France Info il y a quelques jours, et heureusement corrigés par un journaliste scrupuleux, prétendant que le nombre de feux avait été multiplié par quatre entre 2005 et 2025, alors que le véritable différentiel est de… 1,3. Pendant ce temps, sur X, une section ibérique d’Europe Écologie Les Verts a réussi l’exploit de conditionner la résolution de ces brasiers à un nécessaire… arrêt de l’usage de l’énergie nucléaire… (Ne cherchez pas le lien, il n’y en a aucun, si ce n’est que la situation pourrait renvoyer à une Allemagne ayant abandonné l’atome au profit du… charbon, avant de reconnaître sa faute récemment.)
On pourrait rire de ces propos, les considérer comme anecdotiques ; y voir de ponctuelles maladresses non coordonnées. Ce serait mal mesurer ce qu’ils annoncent, vérifiable dans toute la sphère politicienne. Car à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, ces entorses à l’exactitude n’ont rien d’accidentel en plus d’être légion, bien que nous n’en tiendrons pas ici le compte d’un parti à l’autre, tous étant concernés. Elles annoncent une campagne dont les principales fondations seront marquées du sceau du mensonge, du cynisme et de l’espoir que nos concitoyens, étourdis par la prééminence de la réalité parallèle trumpiste dans les discours dont ils sont les récipiendaires, finiront par exprimer leur seule colère dans les urnes, à moins qu’il s’agisse principalement de lassitude.
Chaque camp, pressé de convaincre, en vient à préférer le chiffre qui frappe (surtout quand il est faux) à celui qui éclaire ; l’image saisissante à la nuance qui retient. Le climat et l’énergie, qui se présenteront parmi les sujets figurant au premier rang des débats à venir, s’y prêtent mieux que tout, parce qu’ils convoquent la peur et l’avenir, ce double registre où l’émotion et la confusion l’emportent si aisément sur la preuve et la science.
Ce que cette facilité dilapide est pourtant le bien le plus rare fondant le socle de la démocratie, à savoir la confiance. Et le mensonge, si vertueuses en soient les intentions, se retourne toujours contre la cause qu’il prétend servir. Chaque exagération démentie arme un peu plus le camp du doute systématique, celui qui, d’une frayeur de trop, conclut qu’on nous abuse en tout. À vouloir effrayer pour convaincre, on finit toujours par ne plus convaincre du tout et surtout par ériger le faux en principe et en vérité.
Et puisque nous parlons des méfaits de cette manière inique et délétère de travestir la réalité, nous pensons aux alertes anxiogènes et souvent discutables distillées par nombre de médias peu scrupuleux qui entourent la chimie et sont au cœur de notre ouvrage Naturellement chimique, tout juste sorti. Il en est ainsi de la question du cadmium, à propos de laquelle nous vous donnons rendez-vous mardi. Un chiffre, repris partout, affirme que les produits bio seraient 48 % moins contaminés que les produits conventionnels. Nous en avons remonté la source. L’histoire, qui montre comment certaines scientifiques, médias et politiques se font les porte-voix des lobbys, est édifiante. Nous vous laisserons en juger.





































