S’adapter, mais en se privant volontairement des solutions efficaces ? C’est le choix idéologique et systématique qu’a fait la France depuis plusieurs décennies. Malheureusement, la réalité vous rattrape toujours. Dans les hôpitaux, dans les EHPAD, elle l’a fait brutalement.
Comment soigner sous 40 degrés ?
Jusqu’à 4 000 appels au 15 en quelques heures dans les Yvelines. Un volume quatre fois supérieur à la normale. 1 500 au Samu en quelques jours à Paris. Une mortalité en hausse de 29,1 % (toutes causes confondues) entre les semaines des 15 et 21 juin et du 22 au 28 juin, selon les premières données publiées le 3 juillet par Santé publique France. 2 025 décès supplémentaires en sept jours, même si la progression n’est pas uniforme : +91 % à domicile, +37 % en EHPAD, +19,7 % dans les établissements de santé. Telles sont les premières conséquences mesurables des deux canicules successives qui viennent de frapper la France, et particulièrement de la seconde.
À domicile, les décès ont presque doublé lors du second épisode caniculaire. Dans les Ehpad, la surmortalité atteint environ un tiers par rapport à la normale. À l’hôpital, en revanche, les chiffres restent plus contenus, sans toutefois diminuer. Ils devront encore être consolidés.
Si depuis le 29 juin, la France retrouve un rythme de vie plus conforme à la saison, l’accalmie risque d’être de courte durée. Non seulement une nouvelle vague de chaleur est attendue, mais, comme l’a reconnu le Premier ministre, Sébastien Lecornu, « le nombre de victimes à domicile est bien supérieur à tous les épisodes précédents », même si le bilan global des décès ne sera connu que bien plus tard.
Car une vague de chaleur ne se lit jamais en temps réel. Comme l’a expliqué le journaliste Nicolas Berrod pour Le Parisien, les décès liés aux fortes températures ne sont pas comptabilisés immédiatement. Santé publique France observe d’abord une surmortalité globale, avant d’en établir, parfois plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard, la part réellement attribuable à la chaleur. Autrement dit : la vague est finie dans les discours, mais toujours en cours dans les données.
Article réservé à nos abonnés.