


Le 20 septembre, les Berlinois ont placé Die Linke en tête des élections régionales avec 25,7 % des voix, loin devant la CDU (18,8 %) et l’AfD (16,3 %). Le parti de gauche radicale négocie désormais avec les Verts et le SPD pour installer sa tête de liste, Elif Eralp, à l’hôtel de ville. Le logement a dominé la campagne. « Il faut une politique qui s’attaque aux groupes immobiliers », martèle la candidate.
Leur programme tient en 2 mesures. D’abord un gel des loyers pendant un an dans le parc municipal, suivi de hausses plafonnées à 1 % par an, avec une agence d’une centaine d’agents pour traquer les loyers jugés abusifs. Ensuite la « socialisation » des grands bailleurs : quelque 240 000 logements détenus par les 8 groupes qui en possèdent plus de 3 000 passeraient à un établissement public financé par l’emprunt. La facture donne le vertige. Une commission d’experts l’estimait entre 3,7 et 25,6 milliards d’euros. À la valeur de marché, l’économiste Michael Voigtländer la chiffre entre 29 et 39 milliards, pour un budget régional de 39,1 milliards de recettes. Ces milliards changeraient le nom du propriétaire de logements qui existent déjà. Ils n’en créeraient pas un seul supplémentaire.

