16 septembre 2026


Trouver la cause d'un cancer est l'un des grands défis de l'épidémiologie. Une carte, une corrélation géographique ou une différence entre deux groupes peuvent suggérer une piste, mais elles ne suffisent pas à démontrer une causalité. Les risques classiques sont connus : biais de sélection, facteurs de confusion, mauvaise mesure de l'exposition réelle, latence de plusieurs décennies, comparaisons multiples, confusion écologique quand on attribue à des individus une exposition seulement mesurée à l'échelle d'un territoire.
C'est ici que la biologie moléculaire change la donne. Certaines expositions laissent dans les tumeurs des signatures mutationnelles ou épigénétiques : des cicatrices inscrites dans l'ADN ou dans sa régulation. Le tabac, les ultraviolets, certains défauts de réparation de l'ADN, le HPV, ou encore certaines toxines naturelles peuvent produire des empreintes reconnaissables. Une signature ne prouve pas toujours tout, mais lorsqu'elle est spécifique, précoce, reproductible et biologiquement cohérente, elle rapproche beaucoup plus d'une cause qu'une simple superposition de cartes.
