
par Baptiste Bouix

On peut penser que plus une industrie est robotisée, moins la masse salariale compte. C'est faux, ou du moins très incomplet. Une usine très automatisée réduit fortement le travail directement présent dans la production. À Crolles 2, dans la fab 300 mm de STMicroelectronics, les robots assurent l'essentiel des opérations de fabrication. Le site mobilise néanmoins des techniciens de maintenance, de métrologie, des équipes de nettoyage et d'entretien, ainsi qu'une importante équipe d'ingénierie de production. Les comptes 2025 de Crolles 2 font apparaître près de 260 millions d'euros de salaires et charges sociales pour 567 millions de valeur ajoutée, soit 45,9 %. L'automatisation ne fait donc pas disparaître la masse salariale : elle en modifie la composition et renforce le poids des compétences critiques nécessaires à la continuité et à la rentabilité de l'outil.

