Tout ce qui attend les réseaux sociaux a déjà eu lieu. De 2020 à 2026, le feuilleton de l’interdiction aux mineurs des sites pornographiques a annoncé la suite mot pour mot.
Au départ, on trouve un cavalier législatif dans la loi de 2020 « visant à protéger les victimes de violences conjugales », enjoignant les sites pornographiques et violents à vérifier l’âge de leurs utilisateurs de manière forte, plutôt que par un simple clic « j’ai plus de 18 ans ». À l’époque, comme 6 ans plus tard, aucune solution satisfaisante n’existait. Le législateur espérait qu’elle apparaîtrait par magie. La CNIL, l’Arcom, la justice et les sites concernés se renvoient alors la balle au fil des années.
Constatant cet échec, le législateur, plutôt que de reconnaître la difficulté de mise en œuvre, durcit le ton : la loi SREN de mai 2024 confie à l’Arcom le pouvoir de bloquer les sites pour adultes qui n’imposent pas une vraie vérification d’âge. Le groupe Aylo (propriétaire de Pornhub, YouPorn et RedTube) refuse. Plutôt que de collecter les pièces d’identité de ses visiteurs, il coupe l’accès à ses sites en France le 4 juin 2025, y compris pour les adultes. Son message d’adieu : « La liberté a un bouton d’arrêt, pour l’instant. »