Le débat sur l'acétamipride est l'épilogue d'une stratégie d'influence menée depuis plus de 15 ans. Au centre, la Task Force on Systemic Pesticides, réseau international de chercheurs qui se dit indépendant, mais est parfois financé par des ONG militantes.
Vent debout contre la loi Duplomb et les tentatives de réautorisation de l'acétamipride, Jean-Marc Bonmatin est partout. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne ménage ni les formules chocs ni les mises en garde alarmistes, allant jusqu'à suggérer que « le business l'emporte sur la santé publique » et que la réintroduction possible de la molécule pourrait « créer des maladies graves et mortelles chez nos concitoyens ».
Des accusations qui excèdent très largement l'état des connaissances scientifiques. À ce jour, l'EFSA, l'autorité européenne de sécurité des aliments, n'a jamais conclu que l'acétamipride entraînait des maladies mortelles. Pourtant, de sa part, la posture ne surprend pas, car depuis plus de quinze ans, Jean-Marc Bonmatin est vice-président d'une « task force » scientifique engagée, dont des travaux ont été financés par la fondation Triodos, elle-même alimentée par plusieurs ONG, dont Greenpeace et Pollinis.