C’est la mesure populiste par excellence : promettre d’augmenter le salaire des salariés les moins bien lotis, sans se soucier des conséquences. Elles sont pourtant déjà chiffrées : près d’un demi-million d’emplois détruits.
Jean-Luc Mélenchon promet de porter le SMIC à 1 700 euros net. C'est pourtant déjà le cas : prime d'activité comprise, un salarié au SMIC à temps plein perçoit 1 750 euros par mois. Le montage n'a rien d'idéal, mais il préserve l'essentiel : ces salariés sont embauchés, ils créent de la richesse et ils gardent un pied sur le marché du travail. La proposition Mélenchon ne crée pas de pouvoir d'achat, elle ne fait qu’en changer le financeur. Aujourd'hui, l'État comble l'écart via la prime d'activité. Demain, l'entreprise le porterait via le coût du travail — et ce transfert détruirait des emplois.
Le mécanisme est tristement simple : nul ne peut être durablement payé plus qu'il ne produit. Recruter un salarié dont la productivité est inférieure à la rémunération minimale imposée par la loi revient à produire à perte, ce qu'aucun chef d'entreprise ne peut décemment faire. En garantissant un salaire à 1 700 euros, cette mesure empêche d'embaucher quiconque produit moins. La frontière légale du salaire devient la frontière réelle de l'emploi.