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Temps de lecture : 5 minutes

4 juin 2026

Fabriquer du pétrole à partir de l'air n'a plus rien de théorique. L'enjeu est désormais économique : à quel moment ces carburants de synthèse deviendront-ils moins chers que ceux issus du sous-sol ?

Avant le blocage du détroit d'Ormuz, le kérosène fossile se vendait entre 750 et 900 dollars la tonne, soit 0,60 à 0,72 euro le litre. Le gaz naturel américain s'échangeait à 1,30 dollar du MMBtu. Le diesel, à 0,70 ou 0,80 euro le litre hors taxes. Ce sont les prix auxquels les e-fuels doivent atteindre la parité dans la durée.

En mai 2026, ces chiffres ont explosé. Le kérosène a atteint 1 800 à 1 900 dollars la tonne au pic d'avril, avant de refluer vers 1 100 à 1 200 dollars début juin — soit encore 50 % au-dessus du niveau pré-crise. Le Brent a gagné 40 % en un an. À la pompe française, le gazole est à 2,15 euros, l'essence à 2,03. Le marché du jet fuel est structurellement étroit : moins de 8 des 83 millions de barils quotidiens vont à l'aviation. Toute contraction de l'offre se traduit mécaniquement par une explosion du prix.