


Depuis 2019, ASML n'a plus le droit d'exporter ses machines EUV vers la Chine. La décision a été prise par le gouvernement néerlandais sous pression américaine directe, sans véritable débat public en Europe. Aucun client chinois, à ce jour, n'a reçu une seule machine de lithographie extrême ultraviolet. Les restrictions se sont durcies depuis. En septembre 2023, La Haye a étendu l'interdiction aux machines DUV haut de gamme, capables de graver jusqu'au nœud 7 nanomètres par exposition multiple. Depuis 2024, ASML doit demander des licences d'exportation, y compris pour les pièces détachées et les mises à jour logicielles des machines déjà installées en Chine.
L'enjeu n'a rien d'abstrait. Les puces les plus avancées servent à l'intelligence artificielle, donc aux modèles militaires, aux drones, aux supercalculateurs de défense. Donner à la Chine un accès libre aux machines d'ASML, c'est lui donner les moyens de combler en quelques années un retard que tout l'Occident s'épuise à maintenir. Avec un Parti communiste qui fait de l'annexion de Taïwan un objectif officiel, l'équation n’est que trop évidente.
Pékin n'a pourtant pas baissé les bras.

