Plomb, mercure, cadmium… Une nouveauté, ces métaux lourds dans notre assiette ? Loin de là. Mais notre exposition progresse-t-elle ?
Depuis les années 90, l’Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a fait évoluer son approche. Dans le cadre d'études d’alimentation totale (EAT), elle reconstitue le panier réel des Français, prépare les aliments comme à la maison et mesure ce qui est effectivement ingéré. Ces travaux ancrent l’évaluation dans la vie quotidienne, mais font apparaître un biais temporel, puisque plusieurs années séparent les enquêtes des résultats. Ainsi l'EAT 1 a été réalisée à partir de 2000 pour un rendu en 2005. La suivante a commencé en 2006 et a été présentée en 2011. Quant à la dernière, l'EAT 3, elle a été lancée en 2019 et publiée en janvier de cette année.
Or, durant ce délai, le monde, la technologie et la prévention ne cessent d'évoluer positivement, rendant caduque une partie des conclusions de l'agence. Pour le plomb, le cadmium et l’arsenic, on observe une baisse progressive des expositions et contaminations, notamment portée par la fin de l’essence au plomb, la modernisation industrielle, des filtres plus efficaces et des contrôles renforcés. Ces progrès se traduisent lentement dans l’assiette.