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Temps de lecture : 3 minutes

10 janvier 2026

Vin, sucre, bœuf, fromage… Quel impact va avoir l’accord UE-Mercosur ? Si certaines filières redoutent une distorsion de concurrence, d’autres anticipent des opportunités historiques.

La concurrence du bœuf argentin et brésilien inquiète particulièrement les éleveurs français. Pourtant, le contingent autorisé reste marginal : il représente 1,5 % de la consommation européenne, soit l’équivalent d’un steak par an et par habitant. L’impact potentiel est néanmoins plus concentré, car les pays du Mercosur exportent surtout des morceaux nobles.

Infographie résumant les droits de douane et quotas d'importation de la viande bovine du Mercosur vers l'UE.

Même logique pour la volaille : le quota ne représente que 1,4 % de la consommation européenne totale, mais son effet pourrait être plus marqué sur certains segments. Si les pays du Mercosur n’exportaient que des filets, la pièce la plus demandée et la plus rémunératrice, cela pourrait correspondre à 18 % du marché.

Infographie présentant l'impact de l'accord Mercosur-UE sur les droits de douane et quotas d'importation de volaille.

Pour la filière porcine, l’accord représente au contraire une réelle opportunité, notamment grâce à la charcuterie européenne. Le montant des exportations européennes devrait doubler en 10 ans !

Infographie expliquant les conditions d'exportation du porc européen vers le Mercosur.

La filière betteravière française, déjà très fragilisée par l’interdiction de tous les néonicotinoïdes — autorisés de l’autre côté de l’Atlantique — est elle aussi inquiète. Les quotas demeurent néanmoins limités : 1,2 % de la consommation européenne de sucre et 10 % de celle d’éthanol.

Infographie expliquant la baisse des droits de douane et les quotas d'importation de sucre et d'éthanol du Mercosur vers l'UE.

Pour le maïs, les critiques tiennent avant tout à la distorsion de concurrence, les pays du Mercosur ayant accès aux semences OGM. Les droits de douane étant déjà très faibles et les quotas limités, l’accord ne modifie que marginalement la situation.

Infographie expliquant les règles d'importation du maïs dans le cadre de l'accord Mercosur-UE.

Les fruits et légumes européens pourraient, de leur côté, bénéficier de nouveaux débouchés, en particulier pour les pommes et les poires.

Infographie résumant la suppression des droits de douane sur l'exportation des pommes et poires européennes vers le Mercosur.

Pour les produits laitiers, l’accord constitue une véritable opportunité. Avec la reconnaissance des IGP et la suppression des droits de douane, les fromages européens pourraient représenter près d’un tiers de la consommation haut de gamme du Mercosur. 

Infographie sur l'accord commercial de l'UE avec le Mercosur concernant le fromage.

Même dynamique pour les spiritueux. Les vins sont actuellement taxés à 27 %, le champagne à 35 %. Dans ces conditions, difficile de rivaliser avec les vins argentins et chiliens, et les bouteilles haut de gamme, notamment françaises, restent largement inaccessibles. La valeur des exportations européennes pourrait augmenter de 50 %.

Infographie expliquant les effets de l'accord UE-Mercosur sur l'exportation des vins et spiritueux.